La souveraineté numérique est généralement présentée comme une question d'infrastructures : localisation des serveurs, contrôle des réseaux, hébergement des données publiques sur le territoire national. Ces conditions sont nécessaires. Elles ne sont pas suffisantes.
Accompagner les États dans la maîtrise de leurs infrastructures, données et compétences numériques suppose de traiter les trois volets ensemble. Or c'est le troisième — les compétences — qui reçoit le moins d'attention et de budget, alors qu'il conditionne les deux autres.
Une infrastructure que l'on ne sait pas exploiter reste une dépendance
Une administration peut disposer d'un centre de données souverain et rester entièrement dépendante du prestataire qui l'a installé. Si les agents ne savent ni administrer les systèmes, ni gouverner les données qu'ils produisent, ni évaluer la sécurité de ce qu'ils déploient, la souveraineté est nominale.
C'est le constat qui a présidé à la conception de GouvEARN, notre dispositif de renforcement des capacités numériques des agents de l'État : usage des outils digitaux, gouvernance des données, cybersécurité et intelligence artificielle appliquée à la performance publique.
Former n'est pas transférer
Une session de formation ponctuelle ne suffit pas davantage. Un dispositif ne devient durable que si les compétences restent dans l'organisation après le départ du prestataire : cela suppose de former des formateurs internes et de remettre des supports que l'administration peut reprendre à son compte.
C'est la logique que nous appliquons à l'ensemble de nos interventions de renforcement de capacités, et le critère auquel nous jugeons leur réussite : non pas le nombre d'agents formés, mais la capacité de l'organisation à reconduire la formation sans nous.

